vendredi 2 mai 2014

Partie de Rodéo au pénitentier!

Matt Mayfield Photography
Bienvenue à "Angola", le Pénitencier d'Etat de Louisiane, la plus grande prison haute sécurité des Etats-Unis. Oui... rien que ça. Ça fait rêver n’est-ce pas? C'est aussi la seule prison habilitée à appliquer la peine de mort en Louisiane. On est à une heure et quinze minutes au nord de Baton Rouge, entouré de trois cotés par le Mississippi et de l'autre par une forêt infestée de serpents.

Pour la petite histoire, le site était autrefois occupé par une ancienne plantation dont la plupart des esclaves était originaire de l’Angola, en Afrique. Puis, fin 19ème, début 20ème, l’Etat de Louisiane achète un certain nombre des ces plantations pour les reconvertir en pénitenciers. Le même style de culture y est opéré par les prisonniers, principalement coton et canne à sucre. 

Fait désolant, par tête, la Louisiane seule emprisonne plus de gens que n'importe quelle autre nation dans le monde... 
Au début des années 1990, la Louisiane a reçu un ordre de la Cour Fédérale de réduire le surpeuplement des prisons d'Etat. Parce que pas d'argent au niveau de l'Etat, le Départment des Corrections a encouragé les Shériffs locaux et des entreprises privées à construire de nouvelles prisons, en leur permettant de récupérer une partie des profits à venir. Le tout est donc devenu un business. Il y a aujourd'hui 160 prisons locales (pour 12 prisons d'Etat). L'Etat paye les Shériffs environ 25 dollars par jour et par détenu. Ce qui veut dire qu'il reste pas grand chose après avoir payé la nourriture, l'hébergement et les coûts de personnels. Le profit est utilisé pour acheter des voitures de patrouille, des armes, des gilets par balles, etc... Et bien sur il ne reste plus rien pour financer des programmes qui seraient bénéfiques aux prisonniers. Bref si le nombre de détenus baisse, le Shériff gagne moins d'argent, des postes sont supprimés. Les lobbys font bien en sorte de faire capoter toute réforme qui permettrait d'avoir moins de criminels derrière les barreaux. La moitié des prisonniers en Louisiane est incarcérée dans ces prisons locales, alors qu'il n'y en avait qu'un quart au début des années 1990. Ils sont souvent transférés d'une prison à l'autre pour combler les trous et sans recevoir aucune opportunité de réhabilitation, ce qui on imagine bien, ne réduit pas leur chances de récidive. Seules les prisons d'Etat offrent des programmes pour apprendre mécanique, soudure, plomberie et autre techniques qui pourraient etre utile pour apprendre un métier. Mais les prisons d'Etat n'accueillent que les durs des durs qui, eux, ne sont souvent jamais remis en liberté. Le comble...

La Louisiane est un des six Etats ou l'incarcération à perpétuité est donnée sans possibilité de liberté conditionnelle. Les sentences y sont beaucoup plus lourdes qu'ailleurs. Un vol a main armée peut mettre quelqu'un en prison à vie, pareil pour une troisième condamnation pour possession ou traffic de drogue. Un cambrioleur de voiture récidiviste peut se prendre 24 ans de prison sans liberté conditionelle. Les prisons locales qui ont foisonnées dans les régions rurales de Louisiane sont pleines de gens qui ont été condamnés pour des crimes non violents genre possession de drogue, vol, ou signature de chèques sans provision. Et alors que la population carcérale a doublé, la Nouvelle Orléans est toujours leader de la Nation en nombre d'homicides. Bref ça tourne pas rond du tout!

Sur ce triste constat, revenons à notre Rodéo à Angola...

AP Photos/Gerald Herbert
A Angola, on retrouve les pires des pires, meurtriers, violeurs et autres condamnés à des sentences très longues.  La prison compte plus de 5000 prisonniers, et plus des trois quarts sont condamnés à perpétuité ou ont des sentences telles qu'ils y resteront toute leur vie. C'est le pourcentage de condamnés à perpétuité le plus haut des Etats-Unis. 

Tous les dimanches d'Octobre et le troisième Dimanche d'Avril, Angola organise un rodéo et une vente d'artisanat. Les prisonniers les plus physiquement aptes peuvent participer aux épreuves du rodéo s'ils le souhaitent, et d'autres vendent au public des objets qu'ils ont fabriqué pendant l'année. Selon le degré de confiance que les prisonniers on gagné, ils vendent leur marchandise directement derrière leur stand, en se mêlant librement aux visiteurs, comme au marché, ou bien ils sont derrière un grillage, avec leur marchandise étalée de ton coté du grillage. Il y a beaucoup de sculptures, meubles et jeux en bois, des peintures, des bijoux, des objets en cuir, etc... Se balader au milieu des prisonniers, pour moi ça fait bizarre. Néanmoins je suis ressortie avec un très beau vase en bois brut, signé du nom de l'artiste. Un pote m'a demandé plus tard si j'avais cherché le nom du mec sur Google pour voir pourquoi il s'était fait emprisonné... On peut faire ça... ou pas... 

AP Photos/Gerald Herbert
Pendant deux heures, les prisonniers participent à plusieurs jeux. Le hula hoop, par exemple, qui consiste à être le dernier debout dans son hula hoop sans se faire renverser par le taureau. Ou la partie de Poker, ou quatre prisonniers sont assis à une table à jouer aux cartes, jusqu'a ce que le taureau soit lancé dans l'arène et vienne tout démonter. Il y a aussi les épreuves classiques à celui qui restera le plus longtemps sur le dos de taureaux ou chevaux qui ruent comme des fous. Déjà pas facile pour les professionels alors j'imagine même pas pour des gens sans entraînement... Beaucoup se font mal. Leur motivation: de maigres prix à gagner: de l'argent, un bon steak pour diner, des boucles de ceinture, ou un article dans le journal de la prison.

AP Photos/Gerald Herbert

Là le but était d'attraper le truc rouge entre les cornes du taureau...
AP Photos/Gerald Herbert
Advocate Photo/Mark H. Hunter
Cette année les revenus générés par le rodéo étaient estimés à 4 millions de dollars. Les profits sont réinvestis dans des services comme des programmes d'éducation pour les prisonniers.  
Pour info, il est interdit d'apporter appareil photo ou téléphone portable dans l'enceinte de la prison. Tout doit être laissé dans la voiture. Pourtant j'en ai vu plusieurs tricher et avoir leur téléphone avec eux, un peu dégoutée de pas avoir pu prendre de photos.

AP Photos/Gerald Herbert


vendredi 25 avril 2014

Sélection de bizarreries au supermarché


Je ne vais faire que nourrir un stéréotype classique qui dit que la bouffe est horrible aux Etats-Unis, mais tant pis. C'est juste pour vous montrer les trucs bizarres qu'on trouve au supermarché, c'était trop tentant. Bien sûr que oui il est possible de bien manger ici aussi, si on achète les bons produits et qu'on cuisine un peu.
Presque toutes ces photos ont été prises exprès à Walmart, qui ne vole pas haut sur l'échelle du raffinement. Bien que tous ces produits se trouvent aussi ailleurs, chez Walmart ils sont vachement doués pour te donner un choix imbatable de monstruosités.  

Du Springle en veux tu en voilà... Goût pizza, goût hamburger, goût "Loaded potatoe" (patates/sour cream/ciboulette/bacon), pour ceux qui font le plus peur!

Qui veut du jus chimique au gallon?

"I can't believe it's not butter!" Euhhh Yes I can... Le vrai beurre ils connaissent pas trop. Le rayon beurre se compose majoritairement de pots géants de beurre de substitution, facile au tartinage, et moins cher. "I can't believe it's not butter" = "Je peux pas croire que c'est pas du beurre": C'est une marque, et soit disant ils veulent te faire croire que leur produit  a le même le goût que le beurre. Bullshit.

Fromage en forme de Mickey ou bâtonnets de mélange de fromage? MMmmm

Suite du rayon fromage, en tranche, sous plastique. Oui, Walmart n'a pas vraiment de rayon fromage. Tout est déjà pré-découpé, prêt à mettre dans le sandwich. Dans le rayon "gourmet" on trouve quelques briques de chèvre, du brie ou "camembert" très pasteurisés, au mieux.

Si on veut du jambon blanc, c'est sans couenne, taillé au carré, d'ailleurs on se demande d'où il vient le jambon...

Pas pratique de couper un morceau de margarine et le faire fondre pour graisser la poële?! Pas de problème, ils le font en bombe, t'as plus qu'à appuyer sur le vapo.

Des mini chamallow tout mignons! (Mettez-en quelques-uns sur votre chocolat chaud... pour de vrai, c'est pas dégueu.)


A gauche: le casse-croûte que apparemment tout le monde adore: de la fausse confiture dans du faux biscuit avec du faux glaçage par dessus.
A droite: des espèces de sandwichs avec de la crème glacée entre deux couches de biscuit mou. Très Bof.






















Voilà une marque de glace que j'aime bien. Je ne m'avance pas trop pour les saveurs bizarres genre "gâteau d'anniversaire", mais le Cookies and Cream me satisfait.


Rayon gâteau surgelé: beaucoup de truc à la crème. Moi, pas fan, sauf pour le gâteau Cookies and Cream. En même temps vous pouvez me donner du cookies and cream sous toutes ces formes.


Le rayon vinaigrette doit être le rayon le plus hallucinant dans tous les supermarchés. Tellement de variétés de vinaigrettes toutes faites et autres sauces ranch et compagnie que ça prend tout un rayon. C'est triste mais de tous les gens que je connais je dois être la seule qui sache faire une vinaigrette d'ailleurs.

Les gâteaux secs sont toujours décevants. Pourquoi sont-ils pas capables de faire un BN ou un pépito??! Pour vous dire je prend même plus de 4h moi!

Quand j'ai vu ça mes cheveux se sont dressés sur la tête! Patates individuellement enveloppées sous plastique.Tu peux la cuire direct au micro-onde dans son emballage et ça aurait le même gout qu'au four mais en 6 minutes. C'est magique.

Chez Target (un autre supermarché) ils emballent carrément TOUS les légumes sous plastique! Les économies d'emballage ça non plus ils connaissent pas...
Bon, bah après ça je suis sûre que tout le monde est bien comforté dans ses idées. Sur ce, oui je sais que c'est bien meilleur en France, pas la peine de me faire souffrir en me le rappelant! Sinon j'arrête de ramener des M&Ms au peanut butter! ;)

mardi 22 avril 2014

Road Trip dans le Sud-Ouest Américain // n*1: La ville fantôme de Jerome

Nous avons commencé ce voyage depuis Phoenix dans l'Arizona. A peine atterri et la voiture de location en main, nous sommes sorti rapidos de cette vilaine agglomération étouffante au milieu du désert, direction le Nord, par la route 17. C'est déjà l'après-midi alors le temps nous est compté. Nous devons passer notre prochaine nuit à Flagstaff, à environ deux heures de route par l'autoroute. Mais sur le chemin, nous voulons faire un petit détour par l'ancien village minier de Jerome, et profiter des paysages de Sedona, ce qui nous fait passer par les petites routes et prendra plus de temps.

 

Jerome est un tout petit village à 1600 mètres d'altitude, qui apparaît à peine sur les cartes. Il se situe au Nord-Est de Prescott et Sud-Ouest de Sedona, à côté des villages de Clarkdale et Cottonwood. Depuis Clarkdale nous prenons la route 89A qui grimpe pas mal, et après une courte ascension nous entrons dans ce petit bled qui est le plus grand village fantôme des US. Ancienne cité minière, le village s'est d'abord constitué de simples tentes, avant de devenir une communauté minière très prospère, construite sur la plus grosse mine de cuivre d'Arizona.



La ville a été fondée en 1876 et a été la quatrième plus grande ville de l'Arizona avec une population de 15000 habitants en 1920. Avec la Grande Dépression, l'activité minière a diminué, mais a repris pendant la Seconde Guerre Mondiale à cause de la demande en cuivre. Après quoi, le village a decliné pour de bon et la mine a fermé en 1953. Puisque vidé des ces habitants, les quelques 50 a 100 âmes restantes ont promu Jerome Village Fantôme. Le village est maintenant devenu une communauté d'artistes et comptent environ 450 habitants. Il ressemble à peu près à ce qu'il était il y a cent ans, bien que certains bâtiments soient rénovés. Et puis d'autres se sont simplement cassés la figure le long de la montagne. Vu la pente ça n'est pas trop étonnant. 




 

 

En se baladant à pieds dans les rues on trouve quelques galeries d'art, des antiquités, des boutiques de poteries ou de bijoux artisanaux, quelques bars et restaurants et puis ici et là dans la rue, des petites curiosités qui témoignent bien de l'ambiance un peu décalée du coin. 


vendredi 4 avril 2014

Baltimore, Maryland

Mon premier, et unique passage par la côte Est. Et oui, souvent c'est le premier côté que tout le monde vient visiter, mais moi je devais me sentir bien trop pépère à l'Ouest j'imagine... Du coup ces quelques jours a Baltimore m'avaient presque fait le coup d'un retour aux sources... j'entend, sources européennes: quelques rues étroites, pavées par endroit, bâtiments en briques, petites boutiques à taille humaine. Je sais bien que c'est pas la ville de choix de la côte Est (d'ailleurs la destination n'était pas un choix), mais comme tout est relatif, mine de rien c'était un petit rafraîchissement pour moi, comparé à ma vie de banlieue californienne de l'époque. 
Baltimore a été fondée en 1729, se trouve au bord de la baie de Chesapeake, entre Washington et Philadelphie, et c'est un des ports les plus importants de la côte Est.

Quartier de Fell's Point, ancien village portuaire du 19ème siècle