samedi 19 septembre 2015

Cette semaine en Louisiane n*2

Desfois c'est pour des petits trucs tout simples que je les affectionne particulièrement bien ces Américains de Louisiane...  Cette semaine en tous cas ils m'ont fait sourire plus d'une fois.

Quand hier au milieu d'un échange d'email au boulot, on me parle en français

Bob: "Enclosed is a memo and drawings of a proposal for two additions on a one family residence in the Garden District. Please review and comment. We read the new CZO as requiring 40% permeable space in HU-RD-1."

Moi: "You are correct. For lots that have a lot width superior to 40 feet, the Minimum Permeable Open Space required is 40% of the lot area. I will forward your plans to the stormwater planners to see if they have additional comments."

Bob: "Ca marche pour moi. 40% permeable minimum. Merci"

Quand ils sont tellement en colère après leur gouverneur, leur police et toute leur classe politique qu'ils réclament que la France les rachète

Pendant Mardi Gras de l'année 2006, le premier après Katrina, la célèbre parade satirique de "Krewe du Vieux" a défiler dans les rues avec un de ses chars représentant un mime dans une cage surmontée d'une pancarte lisant "Rachète-nous Chirac!" 


Je suis tombée là dessus l'autre jour en regardant (enfin!) la série Tremé. Dans un des trois ou quatre premiers épisodes de la première saison, on voit des acteurs du film participer à cette parade, une des plus osées et politiquement incorrecte de toutes les parades de Mardi Gras. J'ai ensuite recherché sur internet des photos de cette parade de 2006 et suis tombée sur les mêmes que celles montrées dans la série.


Quand les gens aiment tellement leur chien qu'ils en mettent un drapeau devant chez eux

Les Américains aiment bien faire flotter leur drapeau devant chex eux, c'est patriotique, ça fait bien. Ils aiment bien aussi fêter toutes les occasions possibles de l'année. Du coup on voit souvent des drapeaux pour célébrer pâques ou la venue du printemps ou que sais-je. Et puis ils aiment bien aussi fêter toutes personne ou animal pour qui ils ont une affection particulière. Du coup tu vois parfois des stickers "J'aime mon Rottweiler" collés sur le pare-brise arrière d'une voiture, ou comme mon voisin, tu fais savoir à tout ton quartier que tu adores ton teckel. Ca me fait sourire à chaque fois que je passe devant chez eux! 



Quand ils se décident enfin à manifester

Lundi au boulot, du septième étage de l'hotel de ville, on entend des gens gueuler dehors sur le parvis. Je ne comprend pas un mot de ce qu'ils revendiquent, mais c'est assez pour m'empêcher de me concentrer sur ce que j'ai à faire. Je m'approche de la fenêtre pour voir un petit groupe d'une trentaines de manifestants, marcher en rond sur le parvis de la mairie avec leurs pancartes que je n'arrivent pas à lire. Les Américains, ils ne défilent pas dans toute la ville quand ils font la grève, ils tournent en rond ou de long en large devant le bâtiment où ils bossent s'ils manifestent contre leurs boss, ou devant la mairie par exemple, s'ils attendent que le maire change une loi, comme c'était le cas ici. Cette trentaine de chauffeurs de taxi étaient en train de faire la grève pour que le maire interdise Uber dans la Nouvelle-Orléans. Ca a duré environ une heure. Alors les pauvres il va falloir leur expliquer comment manifester de manière efficace, mais bon quand même ça fait chaud au coeur! ;)

jeudi 3 septembre 2015

Ouragan Katrina // Le témoignage de Kristen

Pour moi c'est un peu surréaliste de savoir que certains de mes amis proches ont vécu de près Katrina. Heureusement aucun d'entre eux ne faisaient partis de ceux qui sont restés à la Nouvelle-Orléans pendant la tragédie. Tous ont quand même des histoires pas banales à raconter. Parce qu'elle a bien voulu me mettre son histoire sur papier et me donner tout pleins de photos prises par sa famille, j'ai traduit celle de Kristen.



Kristen a 32 ans et est une des mes très bonnes amies. Elle a grandit à Chalmette, à l'Est de la Nouvelle Orléans, dans la paroisse de Saint Bernard. Elle vit maintenant à Baton Rouge où est elle est informaticienne. Sur cette photo elle est accompagnée de son père, Ronald, et son grand-père, Nathan.






“Toute ma vie j’ai eu affaire à des ouragans. Quand j’étais plus jeune, ils n’ont jamais vraiment été un gros problème. C’était seulement une excuse de plus pour ne pas aller à l’école, ou pour aller rendre visite à mes grands-parents. Au final on revenait toujours à la maison et tout se passait bien. De temps en temps, on voyait un arbre ou deux tomber sur une maison voisine, mais rien n’était jamais arrivé à la nôtre.


Juste avant Katrina, je venais de revenir à la maison après la fin d’un stage, et commençais ma première semaine de Master à la fac. Le jour avant que l’ouragan arrive sur nous, j’étais chez les parents de mon copain à Slidell, pour les aider à préparer leur maison à la tempête, avant qu’ils partent à Poplarville, dans le Mississippi, où ils avaient prévu d’attendre que la tempête passe. A l’origine j’étais censée aller avec eux, mais après avoir suivi le parcours de la tempête à la télé, je me suis rendu compte de la taille de l’ouragan et ai réalisé que l’oeil de la tempête se dirigeait droit vers Poplarville. Alors j’ai décidé de me diriger vers Denham Springs, à deux miles de Baton Rouge, et de rester avec toute ma famille. Nous étions 13 à rester chez mes grands-parents, toute la famille, de 2 à 80 ans.

On pensait que tout se passerait comme n’importe quel autre ouragan, mais on a vite appris qu’il en était autrement. Nous avions perdu le courant rapidement, mais nous avions prévu des jeux pour les enfants, des lampes de poches, des bougies, des lampes au kérosène partout dans la maison. On suivait les informations tout du long de la nuit, grâce à la télé et la radio qui fonctionnaient à pile et batterie. J’étais terrifiée pour la famille de mon copain mais aussi soulagée d’avoir décider de rester avec ma famille.
Le lendemain nous avons entendu aux infos qu’il y avait une montée d’eau venant du canal d’écoulement du Mississippi (Mississippi River gulf outlet, un canal qui joint le fleuve Mississippi au eaux du golfe, à l’est de la Nouvelle-Orléans), et que les digues s’affaiblissaient… Apparemment il y avait une barge mal fixée qui défonçait la digue. Cette digue était ce qui protégeait Chalmette, la ville où j’ai grandi et la ville où mon père vivait encore.


Puis c’est arrivé… La digue a cassé et l’eau s’est engoufrée dans la Nouvelle-Orléans et les villes alentours. C’était accablant de voir l’eau atteindre les toits de toutes ces maisons. A ce moment là tu penses à tous ces gens qui avaient décidé de rester chez eux. Où sont-ils? Comment vont-ils? Ont-ils des provisions suffisantes ? Un de mes meilleurs amis, Randy, avait décidé de rester sur place avec sa famille parce que sa mère travaillait à l’hôpital et devait rester avec les patients qui ne pouvaient pas être déplacés. J’ai essayé plusieurs fois de l’appeler mais il était impossible de joindre qui que ce soit par téléphone portable puisque toutes les tours de réception étaient hors service. J’ai essayé tous les jours et ce n’est qu’au troisième jour que j’ai finalement été capable de le joindre. Je me rappelle qu’il pleurait en me racontant son expérience. 


Ils avaient tous dû monter sur le toit, après avoir casser tous les distributeurs de nourriture dans la rue pour se faire des provisions. Tout devait être rationné puisqu’ils ne savaient pas combien de temps ils resteraient sans davantage de provisions pour le groupe.  Quelques chips toutes les quelques heures, une gorge d’eau par heure. Dans la chaleur louisianaise, c’est presque impossible. Il racontait qu’un bâteau de secours était venu vers eux, et comme il était costaud, on lui avait dit que les secours avaient besoin delui pour aider à sauver les gens bloqués sur leurs toits. Il fallait faire attention aux serpents et aux alligators, puisque ils était maintenant partout autour. Il fallait même faire attention à certains individus. Il est arrivé à quelques reprises que des personnes tirent des balles sur les équipes de sauvetage pour s’approprier les bâteaux. Il racontait aussi que de voir tous ces animaux morts était perturbant: Chiens, cerfs, même des chevaux et des vaches. Mais le pire a été de voir un premier corps humain. Là ses nerfs n’ont pas tenu le coup. Ils ont ramené les survivants à l’hôpital où sa famille se trouvait et les morts au lycée de Chalmette. Quand les secours sont enfin venu les secourir du toit de l’hôpital, ils leur ont dit qu’ils ne prenaient pas les animaux de compagnie. A l’époque ils avaient deux petits chiens. Ils ont pu glisser le mini Chihuahua discrètement dans le bateau dans un sac à main, mais ils étaient à peu près sûrs qu’ils ne reverraient jamais l’autre. Je crois que c’est 6 ou 8 mois plus tard qu’ils ont retrouvé le chien par l’intermédiaire d’un refuge en Caroline du Nord, qui essayait de réunir les animaux avec leurs maîtres après l’ouragan.” 

Il s'est écoulé un mois avant que le père de Kristen puisse revenir à Chalmette pour constater les dégâts dans son quartier.Voilà quelques une de ses photos. 






Entre les voitures restées perchées sur les toits, les bâteaux retrouvés au milieu des quartiers résidentiels, les rues recouvertes de 20 centimètres de boue, et même les piscines déterrées du sol, il m'est encore difficile de m'imaginer voir ça en vrai.









Dans tous ces quartiers à moitié abandonnés pendant des mois, les vols étaient fréquents. Ambiance Far West... "Si tu me voles je te tire dessus".

"Ivrognes avec des flingues! Vous pillez, on tire"


"Ain't dere no more", ou comment se dit "It's not there anymore" avec l'accent et la grammaire typiques du sud des Etats-Unis... Cela veut simplement dire... C'est plus là.

vendredi 28 août 2015

Cette semaine en Louisiane n*1

…et  un pare choc gratuit

Dimanche dernier, sur le parking de Best Buy (magasin d’électronique et électro ménager type Darty):
Deux voitures de Sheriff sont garées devant l’entrée du magasin, les deux sheriffs papotent.  On s’approche de l’entrée en se demandant qu’est-ce qui se passe au Best Buy. Un des Sheriff interpelle Brandon: “Hey, je vois que vous avez eu un accroc à votre pare choc! J’ai la même Jeep que vous, et  j’en ai un en rab si vous voulez je vous le donne gratos”. Hein?! Euhhh ok! Thanks man! S’en suit échange de numéro, et le lendemain on récupère un par choc gratos. 200 dollars dans la poche. Normal. Du coup on s’est acheté un super Router. Merci Monsieur le Sheriff. 

Ca y est, on me parle de Botox

Au fil d'une conversation des plus banales  entre 3 ou 4 copines de trente ans, le sujet est arrivé comme si de rien n'était. Entre les "tu fais quoi pour cacher tes cernes?", les "moi j'ai arrêté tous les produits laitiers", et les "Moi j'en ai trop marre de mes ridules", on te sort le plus sérieusement et banalement possible "je vais faire du botox". Ca n'a choqué personne, sauf moi. 

Dog Day

Hier c'était la journée du chien... Toute la journée j'ai vu des photos des chiens de mes potes et autres connaissances sur Facebook. Preuve que les Américains et leurs chiens c'est quelque chose... Moi qui trouvais que la journée des Grand-mères c'était déja poussé... Enfin bref, c'était aussi l'anniversaire du droit de vote des Américaines. Et aussi j'ai espérer croiser Obama dans les couloirs de la mairie de la Nouvelle-Orléans avant son discours sur Katrina dans le Lower Ninth Ward, mais non, raté.


mercredi 5 août 2015

Katrina, 10 ans après

Les ouragans le long de la côte du Golfe du Mexique ne sont pas nouveaux. Galveston, sur la côte sud-est du Texas, se rappelle toujours de l'ouragan de 1900 qui a tué 6,000 personnes, et que les gens surnomment "the Great Storm." En 1969, l'Ouragan Camille a cassé en deux une petite île au large de l'Etat du Mississippi - Ship Island. En 1992, l'Ouragan Andrew a endomagé le sud de la Floride avant de jeter son dévolu sur la Louisiane. Et tant d'autres... 

Canal Street, New Orleans
Le 23 Août 2005, une dépression tropicale se forme dans les Bahamas. En 24 heures, la dépression devient tempête et a maintenant un nom - Katrina. Le 28 Août, l'ordre d'évacuation est donné. Malgré ça, des milliers de personnes, sans moyen de transport, restent sur place. Les services météorologiques avaient déjà prévu que la région pourrait être inhabitable pendant des semaines, peut-être même plus, suite au passage de l'ouragan. Le 29 Août, l'Ouragan Katrina arrive sur les côtes de l'est de la Louisiane et du Mississippi, avec un houle de 6 mètres et des vagues de 16 mètres de haut. Sur son chemin 33 tornades se forment et jusqu'a 35 centimètres de précipitations tombent. L'ouragan en lui-même à causé de gros dégâts, mais ses répercussions ont été catastrophiques!



A la Nouvelle-Orléans, les dégâts les plus importants ont été causés par les digues défectueuses. Certains disent que sans ça on ne parlerait peut-être même pas de la tempête au dela de Slidell, de la paroisse de St Bernard et de la côte du Mississippi, plus à l'est. (Une paroisse est l'équivalent d'une conté en Louisiane... restes de l'occupation française...)





La moitié de la Nouvelle-Orléans se trouve à presque deux mètres au-dessous du niveau de la mer. Dans la ville, plus de 50 digues se sont rompues, 3 murs de protection de crue ont cassé, amenant des murs d'eau sur les quartiers alentours. L'eau a couvert 80% de la ville, avec une profondeur de 4 mètres par endroits.  Au total à peu près 1,800 personnes sont décédées. Beaucoup d'autres ont tout perdu et ont attendu pendant quatre jours que l'aide arrive, sans nourriture, sans eau, sans électricité. On doit tous se rappeller de voir les secours à la télé sauver des gens bloqués sur les toits, des milliers de gens venant s'abriter sous le Superdome. Les secours ont continué pendant des semaines, la ville étant toujours inondée. Sur 71 stations de pompage dans la ville, 34 étaient endomagées. Et comme si ça ne suffisait pas, quelques semaines plus tard, l'ouragan Rita  les a frolé de près, amenant un peu plus d'eau dans la ville. Quand l'eau a enfin reculé, on a découvert plus de 80,000 maisons endomagées à un point qu'elles étaient irréparables. 


Je traverse ce passage piéton devant le Superdome tous les jours...
Photo Credit: AP Photo Eric Gay


D'après FEMA (Federal Emergency Management Agency), l'agence qui a bien foiré son boulot, Katrina est la catastrophe naturelle la plus coûteuse de l'histoire. Les dégâts on été estimés à 75 milliards de dollars. Parce que la ville n'aurait pas pu survivre à une autre tempête dans ces conditions, le Army Corps of Engineers (Corps d'Ingénieurs de l'Armée, qui ont aussi la réputation de pas être trop fute fute) a d'abord remis en place des barrières contre les inondations dans et autour de la ville. Quelques célébrités ont aidé à lancer d'autres projets de reconstruction dans le coin de la ville le plus touché, le Ninth Ward (9ème circonscription). Brad Pitt, notamment a créé une fondation pour construire des maisons écolo pour les familles de ces quartiers. Il y a une centaines de maisons colorées qu'on appelle même les maisons Brad Pitt. Aujourd'hui encore de nombreuses associations y font encore du boulot.




Avant Katrina, la population de la Nouvelle-Orleans était majoritairement noire (67%), dont presque 30% vivait sous le seuil de pauvreté. Katrina a aggravé ces conditions et a rendu la plupart de ces vulnérables citoyens encore plus vulnérables. Sans les moyens de reconstruire, beaucoup ne sont jamais revenus.

Bout de maison  flottant dans les marais de la paroisse de Cameron, sur la côte sud de la Lousiane entre Houston et New Orleans
Le Superdome a été restauré, grâce aux sous de Mercedes. L'équipe des Saints y a gagné le Super Bowl en 2010, ce qui l'a aidé à devenir un symbole de la tenacité de la Nouvelle-Orléans. A City Park, le plus grand parc de la ville, qui avait perdu 2000 arbres, on en a replanté 5000. Des lignes de tramway on été ajoutées en ville, l'aéroport a ajouté de nouvelles routes aériennes, les touristes sont revenus, le record de revenus touristiques a même été battu en 2014.

Aujourd'hui, le Superdome, je le longe à pieds tous les jours pour aller au boulot. La plupart du temps je ne vois pas grand chose des blessures que Katrina a laissé. J'ai la chance  que mes trajets quotidiens évoluent entre le cente ville et les autres quartiers proches du fleuve Mississippi - Uptown, Marigny, By-Water - les quartiers hauts de la ville. Ça parait contre-intuitif que les bords du fleuve soit les plus élevés, mais oui, ils se trouvent quelques petits mètres au dessus-du niveau de la mer, juste de quoi avoir les pieds au sec.


Dans les quartier bas et pauvres, il est flagrant qu'une grande partie des maisons sont abandonnées, beaucoup de parcelles n'ont jamais été reconstruites, laissant des terrains vagues ici et là entre les maisons qui ont tenu le coup. Il est courant de voir des maisons avec les marquages en croix laissés sur les façades par les équipes de secours qui ont sillonés la ville à la recherche des survivants.



© Thomas Mann, New Orleans, Louisiana, 2005
Le code est le suivant: en haut de la croix - la date, en bas, le nombre de victimes trouvées a l'intérieur, vivante et décédée, à gauche, le nom de l'équipe de secours, à droite le type de danger trouvé à l'intérieur (par exemple: rats)

Ces graphiques sont devenus emblématiques. Certaines maisons, même retapées et habitées, les ont intentionellement gardés. D'autres sont restés sur des structures délabrées, qui n'ont pas été touchées depuis 2005, comme un témoignage involontaire de la catastrophe qui s'est passé.


Aujourd'hui voilà ma vue du Superdome, depuis les toilettes du bureau, avec un petit orage bien de chez nous qui arrive!





mercredi 29 juillet 2015

Comment se préparer à un ouragan

Depuis mon arrivée en Louisiane, j'ai eu la chance de n'avoir à faire qu'à un seul ouragan, Isaac, en 2012. Je venais d'arriver en Louisiane la semaine précédente et me suis donc fais accueillir en bonne et due forme. Mes collègues m'avaient prévenu qu’il y avait deux choses qui avaient tendance à se produire à chaque fois qu'un nouvel employé arrivait à Baton Rouge. 1. un ouragan 2. un pneu crevé. (L'état des routes dans le coin est reconnu le pire des Etats-Unis). Je me suis payée les deux dans les deux semaines qui ont suivi mon arrivée.

A l'époque j'étais encore hébergée chez une amie de mon directeur, le temps que je me trouve mon propre chez moi. La maison était dans un riche quartier résidentiel neuf, donc en ciment couverte de stuc, et bien que je préfère de loin les jolies maisons en bois, typiques du coin, j'avoue avoir apprécié d'être derrière des murs en dur... Du coup, j'étais tranquille à regarder par la fenêtre les sapins du voisin se plier au vent. Pas de scénario catastrophe cette fois. La dame chez qui je restais était partie dans le nord de la Louisiane pour être avec sa mère, âgée. Seule à Baton Rouge, j’ai eu la chance de ne pas avoir une seule coupure d'électricité et ai pu profiter de la clim’, du frigo et de la télé: le grand luxe. Bien sûr ce n'était pas le cas de tout le monde. De manière générale le courant a été rétabli assez rapidement , mais certains quartiers ont attendu plus longtemps que d'autres, souvent quelques jours. Les plus touchés on été les quartiers plus anciens, où il y a beaucoup de grands arbres partout dans les jardins et le long des rues; un arbre ou une branche qui tombe causant facilement des dégâts sur les lignes électriques.

Hurricane Isaac damage on West Bank
Un arbre tombé à Westwego, dans la banlieue de la Nouvelle-Orléans
Les gens sont habitués, et prévoient de faire sans eau ni électricité pendant plusieurs jours. On sait jamais où les lignes vont être réparées en premier... Alors pour se préparer on fait quoi?

D'abord on n'attend pas le dernier moment pour aller au supermarché, histoire de ne pas passer après les gens qui auront fait la razzia dans les rayons. Ensuite, on se prépare au pire: réserves pour une semaine environ. En général, le courant revient avant, mais si tu fais parti du quartier dont les lignes sont réparées en dernier, on peut facilement se retrouver une semaine sans rien, même en cas d'un ouragan moyen. On achète des bouteilles d'eau, des produits qui n'ont ni besoin d'être conservés au frigo ou d'être cuits au micro-onde ou à la poêle, si on n'a qu'une gazinière électrique... Si on a un four à gaz, on est un peu plus chanceux en général, à moins qu'une partie de la maison s'envole, forcemment, ça ne sera plus très utile. Donc il ne reste pas grand chose comme possibilités: boîtes de conserves, chips, pain, gâteaux secs, etc... Fruits et légumes, un peu, mais  sans frigo ils ne tiennent pas très longtemps à la chaleur ambiente. On fait aussi le plein de bougies et de briquets. On remplie la baignoire d'eau le jour d'avant, pour avoir une réserve pour se laver, cuisiner, boire, au cas où l'eau serait coupée aussi. Et on ferme les volets (si on en a, car aux USA ce n’est pas chose commune) pour protéger les fenêtres. En cas de gros ouragan de prévu, certains barricadent les fenêtres. Les magasins font souvent ça aussi pour éviter de perdre toute leur marchandise ou de se faire piller.

John Moore / Gerry Images
Enfin, on espère ne pas avoir à vivre trois jours sans clim’ par 35-40 degrées, ni se prendre un arbre sur la tête, ni sur la voiture. Les températures ne descendent pas tellement la nuit en été, alors vivre sans électricité pendant plus d'une journée dans cette chaleur moite est un calvaire. "Si tu n'as pas les moyens de venir visiter Baton Rouge cet été, tu peux toujours régler ton four sur 250 et le mettre sous ta douche", commentait récemment un ami.

On peut donc rajouter de l'anti-moustique à la liste, au cas où on devrait vivre les fenêtres ouverte. Quand on vit dans une maison très mal isolée, il peut faire facilement 45 degrées à l'intérieur quand il en fait 40 dehors. Alors ouvrir les fenêtres, vous me direz, n'offre pas grand rafraîchissement, mais c'est mieux que rien. Avec un peu de chance les températures descendent un peu en dessous de 30 pendant la nuit. De maigre consolation à moins de trouver un moyen de vous faire de l’air 24 heures sur 24: des évantails. Nouvelle habitude pour moi, j'en ai toujours un en été dans mon sac a main qui sert régulièrement.

Le mieux, si on veut vraiment être équipé, c'est d'acheter un générateur. C’est un investissement, mais là, vous serez le meilleur ami de tout le quartier. Sinon, se faire un ami qui a un générateur, et squatter chez lui, après avoir vider ton congélateur et ton frigo, pour éviter les mauvaises surprises au retour. Profiter d'un générateur vaut bien d'offrir le contenu de son frigo en échange.

Histoire d'être un minimum au courant de ce qui se passe, on pense aussi aux piles pour pouvoir écouter la radio...

J’ai eu de la chance, à Baton Rouge, j'habitais dans une rue dont les lignes électriques alimentaient aussi l'hôpital voisin. C'est un bon plan. S’il y a coupure de courant, j'étais assurée d'être la première à ravoir de l'électricité presque instantanément! Maintenant, à la Nouvelle-Orléans, notre voisin qui nous invite régulièrement à des barbeque possède un générateur capable de couvrir les besoins de tout le bloc. On est super pote avec lui.

Pour finir, ce qui va de soi: ne pas habiter dans une zone inondable. Beaucoup de nouveaux quartiers résidentiels sont construits dans des endroits qui n’auraient jamais dû être construit. Les promoteurs immobiliers se foutent un peu de la géographie. Les gens maintenant s’en foutent un peu aussi, du moment qu’ils ont leur maison pas chère dans un “joli” lotissement tranquille. Le risque c'est ça:

A car sits submerged in the flood waters of Hurricane Isaac in the River Forest subdivision on August 29, 2012 in LaPlace, Louisiana. The large Level 1 hurricane slowly moved across southeast Louisiana, dumping huge amounts of rain and knocking out power to Louisianans in scattered parts of the state. (Photo by Chris Graythen/Getty Images)
Une voiture submergée dans un lotissement de Laplace, entre Baton Rouge et New Orleans. Isaac n'était qu'un ouragan de force 1... (Photo by Chris Graythen / Getty Images)
Alors cette année on nous dit que ça devrait être une saison calme. Mais on dit aussi qu'un gros ouragan frappe à peu près tous les dix ans.


Affaire à suivre...

jeudi 16 juillet 2015

Comme dans les films!

Un des gros chocs quand on arrive ici, c'est de se rendre compte que tout ce qui faisait partie d'un monde imaginaire vu sur petit ou grand écran, est bien réel... L'impression  d'être dans un film... Souvent, ce sont de simples petits détails qui te transportent ailleurs. La plupart du temps je n'y pense plus, mais de temps en temps ca me fait encore un petit effet... Juste assez pour me rappeller que je suis a l'étranger, et pour me donner l'illusion que je suis encore en voyage! Enfin presque.

Les boites à lettres, et les paniers de basket devant le garage:

 




















Les jardins ouverts devant les maisons, ou bien avec les petites barrieres à piquets:

La maison de mon voisin prise depuis Google Street View...


Le mobilier urbain: feux, panneaux de noms de rue, passages piétons, poubelles, et les échelles le long des facades d'immeuble:


  
Les distributeurs de journaux le long du trottoir:



Les panneaux jaunes, et les panneaux du genre
"Pour reporter des activités suspicieuses 389-2000 Baton Rouge Police Department"  (A gauche en petit) et "Attention - Bureau du Sheriff - Nos voisins surveillent" (à droite)

 

















Les bus scolaires sur le chemin du boulot:


Ma double porte d'entrée avec moustiquaire:
 

Et puis aussi, et surtout: les filles avec des super cheveux qui brillent.

Et tous les autres trucs que je n'ai pas pris en photo mais qui font tout aussi parti du monde réel....
- le journal local lancé par le facteur à bicyclette sur la pelouse devant chez toi.
- les casiers dans les couloirs de l'école, comme dans les séries d'ado, ainsi que les plateaux déjeuner avec la brique de lait.
 - le camion à glace qui passe devant chez toi en faisant de la musique, etc...