vendredi 28 août 2015

Cette semaine en Louisiane n*1

…et  un pare choc gratuit

Dimanche dernier, sur le parking de Best Buy (magasin d’électronique et électro ménager type Darty):
Deux voitures de Sheriff sont garées devant l’entrée du magasin, les deux sheriffs papotent.  On s’approche de l’entrée en se demandant qu’est-ce qui se passe au Best Buy. Un des Sheriff interpelle Brandon: “Hey, je vois que vous avez eu un accroc à votre pare choc! J’ai la même Jeep que vous, et  j’en ai un en rab si vous voulez je vous le donne gratos”. Hein?! Euhhh ok! Thanks man! S’en suit échange de numéro, et le lendemain on récupère un par choc gratos. 200 dollars dans la poche. Normal. Du coup on s’est acheté un super Router. Merci Monsieur le Sheriff. 

Ca y est, on me parle de Botox

Au fil d'une conversation des plus banales  entre 3 ou 4 copines de trente ans, le sujet est arrivé comme si de rien n'était. Entre les "tu fais quoi pour cacher tes cernes?", les "moi j'ai arrêté tous les produits laitiers", et les "Moi j'en ai trop marre de mes ridules", on te sort le plus sérieusement et banalement possible "je vais faire du botox". Ca n'a choqué personne, sauf moi. 

Dog Day

Hier c'était la journée du chien... Toute la journée j'ai vu des photos des chiens de mes potes et autres connaissances sur Facebook. Preuve que les Américains et leurs chiens c'est quelque chose... Moi qui trouvais que la journée des Grand-mères c'était déja poussé... Enfin bref, c'était aussi l'anniversaire du droit de vote des Américaines. Et aussi j'ai espérer croiser Obama dans les couloirs de la mairie de la Nouvelle-Orléans avant son discours sur Katrina dans le Lower Ninth Ward, mais non, raté.


mercredi 5 août 2015

Katrina, 10 ans après

Les ouragans le long de la côte du Golfe du Mexique ne sont pas nouveaux. Galveston, sur la côte sud-est du Texas, se rappelle toujours de l'ouragan de 1900 qui a tué 6,000 personnes, et que les gens surnomment "the Great Storm." En 1969, l'Ouragan Camille a cassé en deux une petite île au large de l'Etat du Mississippi - Ship Island. En 1992, l'Ouragan Andrew a endomagé le sud de la Floride avant de jeter son dévolu sur la Louisiane. Et tant d'autres... 

Canal Street, New Orleans
Le 23 Août 2005, une dépression tropicale se forme dans les Bahamas. En 24 heures, la dépression devient tempête et a maintenant un nom - Katrina. Le 28 Août, l'ordre d'évacuation est donné. Malgré ça, des milliers de personnes, sans moyen de transport, restent sur place. Les services météorologiques avaient déjà prévu que la région pourrait être inhabitable pendant des semaines, peut-être même plus, suite au passage de l'ouragan. Le 29 Août, l'Ouragan Katrina arrive sur les côtes de l'est de la Louisiane et du Mississippi, avec un houle de 6 mètres et des vagues de 16 mètres de haut. Sur son chemin 33 tornades se forment et jusqu'a 35 centimètres de précipitations tombent. L'ouragan en lui-même à causé de gros dégâts, mais ses répercussions ont été catastrophiques!



A la Nouvelle-Orléans, les dégâts les plus importants ont été causés par les digues défectueuses. Certains disent que sans ça on ne parlerait peut-être même pas de la tempête au dela de Slidell, de la paroisse de St Bernard et de la côte du Mississippi, plus à l'est. (Une paroisse est l'équivalent d'une conté en Louisiane... restes de l'occupation française...)





La moitié de la Nouvelle-Orléans se trouve à presque deux mètres au-dessous du niveau de la mer. Dans la ville, plus de 50 digues se sont rompues, 3 murs de protection de crue ont cassé, amenant des murs d'eau sur les quartiers alentours. L'eau a couvert 80% de la ville, avec une profondeur de 4 mètres par endroits.  Au total à peu près 1,800 personnes sont décédées. Beaucoup d'autres ont tout perdu et ont attendu pendant quatre jours que l'aide arrive, sans nourriture, sans eau, sans électricité. On doit tous se rappeller de voir les secours à la télé sauver des gens bloqués sur les toits, des milliers de gens venant s'abriter sous le Superdome. Les secours ont continué pendant des semaines, la ville étant toujours inondée. Sur 71 stations de pompage dans la ville, 34 étaient endomagées. Et comme si ça ne suffisait pas, quelques semaines plus tard, l'ouragan Rita  les a frolé de près, amenant un peu plus d'eau dans la ville. Quand l'eau a enfin reculé, on a découvert plus de 80,000 maisons endomagées à un point qu'elles étaient irréparables. 


Je traverse ce passage piéton devant le Superdome tous les jours...
Photo Credit: AP Photo Eric Gay


D'après FEMA (Federal Emergency Management Agency), l'agence qui a bien foiré son boulot, Katrina est la catastrophe naturelle la plus coûteuse de l'histoire. Les dégâts on été estimés à 75 milliards de dollars. Parce que la ville n'aurait pas pu survivre à une autre tempête dans ces conditions, le Army Corps of Engineers (Corps d'Ingénieurs de l'Armée, qui ont aussi la réputation de pas être trop fute fute) a d'abord remis en place des barrières contre les inondations dans et autour de la ville. Quelques célébrités ont aidé à lancer d'autres projets de reconstruction dans le coin de la ville le plus touché, le Ninth Ward (9ème circonscription). Brad Pitt, notamment a créé une fondation pour construire des maisons écolo pour les familles de ces quartiers. Il y a une centaines de maisons colorées qu'on appelle même les maisons Brad Pitt. Aujourd'hui encore de nombreuses associations y font encore du boulot.




Avant Katrina, la population de la Nouvelle-Orleans était majoritairement noire (67%), dont presque 30% vivait sous le seuil de pauvreté. Katrina a aggravé ces conditions et a rendu la plupart de ces vulnérables citoyens encore plus vulnérables. Sans les moyens de reconstruire, beaucoup ne sont jamais revenus.

Bout de maison  flottant dans les marais de la paroisse de Cameron, sur la côte sud de la Lousiane entre Houston et New Orleans
Le Superdome a été restauré, grâce aux sous de Mercedes. L'équipe des Saints y a gagné le Super Bowl en 2010, ce qui l'a aidé à devenir un symbole de la tenacité de la Nouvelle-Orléans. A City Park, le plus grand parc de la ville, qui avait perdu 2000 arbres, on en a replanté 5000. Des lignes de tramway on été ajoutées en ville, l'aéroport a ajouté de nouvelles routes aériennes, les touristes sont revenus, le record de revenus touristiques a même été battu en 2014.

Aujourd'hui, le Superdome, je le longe à pieds tous les jours pour aller au boulot. La plupart du temps je ne vois pas grand chose des blessures que Katrina a laissé. J'ai la chance  que mes trajets quotidiens évoluent entre le cente ville et les autres quartiers proches du fleuve Mississippi - Uptown, Marigny, By-Water - les quartiers hauts de la ville. Ça parait contre-intuitif que les bords du fleuve soit les plus élevés, mais oui, ils se trouvent quelques petits mètres au dessus-du niveau de la mer, juste de quoi avoir les pieds au sec.


Dans les quartier bas et pauvres, il est flagrant qu'une grande partie des maisons sont abandonnées, beaucoup de parcelles n'ont jamais été reconstruites, laissant des terrains vagues ici et là entre les maisons qui ont tenu le coup. Il est courant de voir des maisons avec les marquages en croix laissés sur les façades par les équipes de secours qui ont sillonés la ville à la recherche des survivants.



© Thomas Mann, New Orleans, Louisiana, 2005
Le code est le suivant: en haut de la croix - la date, en bas, le nombre de victimes trouvées a l'intérieur, vivante et décédée, à gauche, le nom de l'équipe de secours, à droite le type de danger trouvé à l'intérieur (par exemple: rats)

Ces graphiques sont devenus emblématiques. Certaines maisons, même retapées et habitées, les ont intentionellement gardés. D'autres sont restés sur des structures délabrées, qui n'ont pas été touchées depuis 2005, comme un témoignage involontaire de la catastrophe qui s'est passé.


Aujourd'hui voilà ma vue du Superdome, depuis les toilettes du bureau, avec un petit orage bien de chez nous qui arrive!





mercredi 29 juillet 2015

Comment se préparer à un ouragan

Depuis mon arrivée en Louisiane, j'ai eu la chance de n'avoir à faire qu'à un seul ouragan, Isaac, en 2012. Je venais d'arriver en Louisiane la semaine précédente et me suis donc fais accueillir en bonne et due forme. Mes collègues m'avaient prévenu qu’il y avait deux choses qui avaient tendance à se produire à chaque fois qu'un nouvel employé arrivait à Baton Rouge. 1. un ouragan 2. un pneu crevé. (L'état des routes dans le coin est reconnu le pire des Etats-Unis). Je me suis payée les deux dans les deux semaines qui ont suivi mon arrivée.

A l'époque j'étais encore hébergée chez une amie de mon directeur, le temps que je me trouve mon propre chez moi. La maison était dans un riche quartier résidentiel neuf, donc en ciment couverte de stuc, et bien que je préfère de loin les jolies maisons en bois, typiques du coin, j'avoue avoir apprécié d'être derrière des murs en dur... Du coup, j'étais tranquille à regarder par la fenêtre les sapins du voisin se plier au vent. Pas de scénario catastrophe cette fois. La dame chez qui je restais était partie dans le nord de la Louisiane pour être avec sa mère, âgée. Seule à Baton Rouge, j’ai eu la chance de ne pas avoir une seule coupure d'électricité et ai pu profiter de la clim’, du frigo et de la télé: le grand luxe. Bien sûr ce n'était pas le cas de tout le monde. De manière générale le courant a été rétabli assez rapidement , mais certains quartiers ont attendu plus longtemps que d'autres, souvent quelques jours. Les plus touchés on été les quartiers plus anciens, où il y a beaucoup de grands arbres partout dans les jardins et le long des rues; un arbre ou une branche qui tombe causant facilement des dégâts sur les lignes électriques.

Hurricane Isaac damage on West Bank
Un arbre tombé à Westwego, dans la banlieue de la Nouvelle-Orléans
Les gens sont habitués, et prévoient de faire sans eau ni électricité pendant plusieurs jours. On sait jamais où les lignes vont être réparées en premier... Alors pour se préparer on fait quoi?

D'abord on n'attend pas le dernier moment pour aller au supermarché, histoire de ne pas passer après les gens qui auront fait la razzia dans les rayons. Ensuite, on se prépare au pire: réserves pour une semaine environ. En général, le courant revient avant, mais si tu fais parti du quartier dont les lignes sont réparées en dernier, on peut facilement se retrouver une semaine sans rien, même en cas d'un ouragan moyen. On achète des bouteilles d'eau, des produits qui n'ont ni besoin d'être conservés au frigo ou d'être cuits au micro-onde ou à la poêle, si on n'a qu'une gazinière électrique... Si on a un four à gaz, on est un peu plus chanceux en général, à moins qu'une partie de la maison s'envole, forcemment, ça ne sera plus très utile. Donc il ne reste pas grand chose comme possibilités: boîtes de conserves, chips, pain, gâteaux secs, etc... Fruits et légumes, un peu, mais  sans frigo ils ne tiennent pas très longtemps à la chaleur ambiente. On fait aussi le plein de bougies et de briquets. On remplie la baignoire d'eau le jour d'avant, pour avoir une réserve pour se laver, cuisiner, boire, au cas où l'eau serait coupée aussi. Et on ferme les volets (si on en a, car aux USA ce n’est pas chose commune) pour protéger les fenêtres. En cas de gros ouragan de prévu, certains barricadent les fenêtres. Les magasins font souvent ça aussi pour éviter de perdre toute leur marchandise ou de se faire piller.

John Moore / Gerry Images
Enfin, on espère ne pas avoir à vivre trois jours sans clim’ par 35-40 degrées, ni se prendre un arbre sur la tête, ni sur la voiture. Les températures ne descendent pas tellement la nuit en été, alors vivre sans électricité pendant plus d'une journée dans cette chaleur moite est un calvaire. "Si tu n'as pas les moyens de venir visiter Baton Rouge cet été, tu peux toujours régler ton four sur 250 et le mettre sous ta douche", commentait récemment un ami.

On peut donc rajouter de l'anti-moustique à la liste, au cas où on devrait vivre les fenêtres ouverte. Quand on vit dans une maison très mal isolée, il peut faire facilement 45 degrées à l'intérieur quand il en fait 40 dehors. Alors ouvrir les fenêtres, vous me direz, n'offre pas grand rafraîchissement, mais c'est mieux que rien. Avec un peu de chance les températures descendent un peu en dessous de 30 pendant la nuit. De maigre consolation à moins de trouver un moyen de vous faire de l’air 24 heures sur 24: des évantails. Nouvelle habitude pour moi, j'en ai toujours un en été dans mon sac a main qui sert régulièrement.

Le mieux, si on veut vraiment être équipé, c'est d'acheter un générateur. C’est un investissement, mais là, vous serez le meilleur ami de tout le quartier. Sinon, se faire un ami qui a un générateur, et squatter chez lui, après avoir vider ton congélateur et ton frigo, pour éviter les mauvaises surprises au retour. Profiter d'un générateur vaut bien d'offrir le contenu de son frigo en échange.

Histoire d'être un minimum au courant de ce qui se passe, on pense aussi aux piles pour pouvoir écouter la radio...

J’ai eu de la chance, à Baton Rouge, j'habitais dans une rue dont les lignes électriques alimentaient aussi l'hôpital voisin. C'est un bon plan. S’il y a coupure de courant, j'étais assurée d'être la première à ravoir de l'électricité presque instantanément! Maintenant, à la Nouvelle-Orléans, notre voisin qui nous invite régulièrement à des barbeque possède un générateur capable de couvrir les besoins de tout le bloc. On est super pote avec lui.

Pour finir, ce qui va de soi: ne pas habiter dans une zone inondable. Beaucoup de nouveaux quartiers résidentiels sont construits dans des endroits qui n’auraient jamais dû être construit. Les promoteurs immobiliers se foutent un peu de la géographie. Les gens maintenant s’en foutent un peu aussi, du moment qu’ils ont leur maison pas chère dans un “joli” lotissement tranquille. Le risque c'est ça:

A car sits submerged in the flood waters of Hurricane Isaac in the River Forest subdivision on August 29, 2012 in LaPlace, Louisiana. The large Level 1 hurricane slowly moved across southeast Louisiana, dumping huge amounts of rain and knocking out power to Louisianans in scattered parts of the state. (Photo by Chris Graythen/Getty Images)
Une voiture submergée dans un lotissement de Laplace, entre Baton Rouge et New Orleans. Isaac n'était qu'un ouragan de force 1... (Photo by Chris Graythen / Getty Images)
Alors cette année on nous dit que ça devrait être une saison calme. Mais on dit aussi qu'un gros ouragan frappe à peu près tous les dix ans.


Affaire à suivre...

jeudi 16 juillet 2015

Comme dans les films!

Un des gros chocs quand on arrive ici, c'est de se rendre compte que tout ce qui faisait partie d'un monde imaginaire vu sur petit ou grand écran, est bien réel... L'impression  d'être dans un film... Souvent, ce sont de simples petits détails qui te transportent ailleurs. La plupart du temps je n'y pense plus, mais de temps en temps ca me fait encore un petit effet... Juste assez pour me rappeller que je suis a l'étranger, et pour me donner l'illusion que je suis encore en voyage! Enfin presque.

Les boites à lettres, et les paniers de basket devant le garage:

 




















Les jardins ouverts devant les maisons, ou bien avec les petites barrieres à piquets:

La maison de mon voisin prise depuis Google Street View...


Le mobilier urbain: feux, panneaux de noms de rue, passages piétons, poubelles, et les échelles le long des facades d'immeuble:


  
Les distributeurs de journaux le long du trottoir:



Les panneaux jaunes, et les panneaux du genre
"Pour reporter des activités suspicieuses 389-2000 Baton Rouge Police Department"  (A gauche en petit) et "Attention - Bureau du Sheriff - Nos voisins surveillent" (à droite)

 

















Les bus scolaires sur le chemin du boulot:


Ma double porte d'entrée avec moustiquaire:
 

Et puis aussi, et surtout: les filles avec des super cheveux qui brillent.

Et tous les autres trucs que je n'ai pas pris en photo mais qui font tout aussi parti du monde réel....
- le journal local lancé par le facteur à bicyclette sur la pelouse devant chez toi.
- les casiers dans les couloirs de l'école, comme dans les séries d'ado, ainsi que les plateaux déjeuner avec la brique de lait.
 - le camion à glace qui passe devant chez toi en faisant de la musique, etc...

vendredi 19 juin 2015

Escapade à Grande Ile

Grande Ile est une île barrière au sud de la Louisiane,à deux heures de la Nouvelle-Orléans, là où on sait plus très bien si on est encore sur terre ou sur la mer. On n'y arrive en passant de pont en pont au dessus des marais, en continuant sur une petite route à peine plus élevée que le niveau de l'eau, qui se finit là, sur un lambeau de terre d'environ huit kilomètres de long sur 500 mètres de large, entouré d'eau. D'un côté le Golfe du Mexique, de l'autre les marais. 



Au passage, je rappelerai mais n'apprendrai à personne que les marais côtiers de Louisiane ne se portent pas très bien et se font sérieusement grignotés.

L'île est toute petite, et très calme. Un peu plus de 1000 habitants y vivent toute l'année. Le village est principalement résidentiel et il n'y a pas vraiment de commerces. Les gens y viennent surtout pour pêcher. 

  
 



Le long de la digue les maisons à pilotis s'enfilent les unes après les autres. L'île s'élève à deux petits mètres au dessus du niveau de la mer et fait directement face au Golf du Mexique, donc forcément quelques précautions s'imposent... On est en première ligne pour les ouragans! La plupart des résidents n'habitent pas ici toute l'année et ont une maison un peu plus à l'intérieur des terres. Nous sommes restés dans une de ces maisons à piloti, chez les grands-parents d'un ami, qui y vivent pendant la moitié de l'année. Ils sont cajuns, lui ancien pêcheur d'huitres. Leur langue maternelle est le français, un français différent du notre et plus ou moins dur à comprendre, mais qui rapelle vaguement le vieux français de nos grand-parents à nous. 






Depuis la digue qui longe la plage, on peut observer les crevettiers dans le Golfe du Mexique. On distingue facilement ces chalutiers avec leurs grands bras qui montent et descendent de chaque côtés du bâteau. Les gens d'ici les appellent des chevrettiers. Si un Louisianais vous parle de chevrettes, ce n'est pas de petites chèvres qu'il est question, mais de crevettes. (Les aligators, eux, sont des cocodries. Allez-voir mon dictionnaire cajun si ça vous dit...) Et puis les pélicans, emblêmes de l'Etat de Louisiane qui se prélassaient sur les barrières de rochers à quelques mètres de la plage. 




Ce week end là, l'attraction du village c'était l'expo de voitures qui se tenait sous un hangard près du port. Ce qui est cool en Louisiane, c'est qu'on peut mettre ce qu'on veut comme plaque d'immatriculation devant la voiture. Beaucoup de voitures n'en ont même pas, et d'autres s'amusent à les personaliser.


"Achetez plus de crevettes que je m'achète une plus grosse voiture"




Les restes de Mardi gras sont présents partout en Louisiane, à toute période de l'année. Les colliers de perles en plastique aux couleurs défraichies pendent un peu partout, ça fait parti du décor, apparemment à Grande Ile comme à la Nouvelle Orléans. Bien sûr où qu'on soit on trouve toujours aussi un Daiquiri Shop. Le Daiquiri c'est la boisson Louisianaise par excellence: un mélange d'alcool, le plus souvent rhum (mais tout est disponible et mélangeable...), mélangé à du jus, de toutes les saveurs et couleurs, le tout sous forme de glace pilée, à siroter où que vous alliez à la paille. A la Nouvelle Orléans, on peut même en acheter en drive-in! Je précise, bien que la Louisiane soit un des seuls Etat aux Etats-Unis où il est permis de boire de l'alcool dans les lieux publiques, il est quand même interdit de boire au volant. Mais du moment que la paille du Daiquiri à emporter est encore couverte de son papier, c'est permis. Normal...


Sinon, le village ne paye pas de mine, mais en s'aventurant un peu par hasard dans les petites rues, on est tombé sur de vieilles maisons cajuns super mignonnes. Aucune n'étaient habitées, certaines en phase de réparation. Celles-ci se trouvent sur Community Drive. Pour s'y rendre, d'abord tourner sur Nacari Lane depuis la route principale (Highway 1).












vendredi 8 mai 2015

Street Art dans Old South Baton Rouge


Le quartier de Old South Baton Rouge est un quartier historique mais complètement désinvesti, entre le centre ville de Baton Rouge et la Louisiana State University. C'était un quartier connu de la communauté noire (ou African-American comme ils disent ici), où a ouvert la première école publique noire de la ville. C'est aussi l'endroit où ont eu lieu les premières protestations publiques pour les droits civiques des noirs aux Etats-Unis.
Martin Luther King y a même fait un discours à l'occasion de la préparation du boycott des bus de Montgomery. Cela s'est passé au Lincoln Theater, scène où ont joué les musiciens James Brown et Chuck Berry. Ce théâtre-cinéma a été construit en 1956 et pour beaucoup c'était le seul endroit où sortir pendant la ségrégation. Malgré le support de la communauté locale, les affaires ont chutées et le théatre a fermé ses portes en 1986. 

Malheureusement, pendant ce mouvement des années 50 et 60, la plupart des résidents appartenant à la classe moyenne sont partis pour trouver de meilleurs logements, de même que de meilleurs emplois, qui devenaient enfin ouverts à la population noire. La croissance suburbaine et la plus grande mobilité des gens a fait décliner la population ces dernières décennies. Une fois que les plus riches sont partis, les commerces ont commencé à fermer les uns après les autres, et beaucoup de bâtiments ont été laissés à l'abandon.






C'est toujours aujourd'hui un quartier culturellement riche, mais dégradation et pauvreté ont vraiment abimé ce qui était autrefois une communauté vibrante. Malgré les difficultés actuelles, l'héritage du quartier est fort et beaucoup de résidents sont engagés pour rendre la communauté prospère, pour changer son apparance et sa qualité de vie.
Une des initiatives a été de faire venir des artistes street-art et graffiti du monde entier pour transformer les murs des bâtiments abandonnés en canevas géants. (Il y avait même un français dans le lot: "Seth Globepainter")





Façade du Lincoln Theater (l'ancien cinéma)








Face à face entre le tigre, mascotte de la Louisiana State University, et le jaguar, mascotte de la Southern University, les deux universités de Baton Rouge


A l'heure qu'il est, à part ces coups de peintures, le quartier est encore dans un état lamentable. Mais apparemment, pour la première fois depuis des décennies, il a été recensé un rebond dans la population en 2010. Et depuis les cinq dernières années, des promoteurs ont construit de nouveaux logements dans les environs, et quelques commerces et restaurants ont ouvert. Il y a encore beaucoup à faire, mais le quartier aurait amorcé son "Come back"...